Faut il encore écrire une lettre de motivation en 2026

Publié le 27 janvier 2026 à 14:19

Lettre de motivation en 2026 : est-elle encore pertinente dans les processus RH ?

Longtemps considérée comme un pilier du recrutement, la lettre de motivation fait aujourd’hui l’objet de débats récurrents au sein des équipes RH. À l’heure de la digitalisation des candidatures, de l’essor de l’intelligence artificielle et de l’évolution des attentes des candidats, une question s’impose : la lettre de motivation a-t-elle encore une réelle valeur en 2026 ?

Un outil historiquement central, mais de moins en moins décisif

Dans de nombreux processus de recrutement, la lettre de motivation a perdu de son poids. Les recruteurs disposent désormais de multiples sources d’information :

CV enrichis et structurés,

profils LinkedIn détaillés,

portfolios ou réalisations accessibles en ligne,

outils d’évaluation et tests de compétences.

Dans ce contexte, la lettre est souvent perçue comme redondante, voire chronophage à analyser, en particulier lors de recrutements à fort volume.

Une utilité qui dépend fortement du contexte RH

Pour autant, la lettre de motivation n’est pas obsolète. Sa pertinence dépend largement du type de poste, du niveau de responsabilité et des objectifs du recrutement.

Elle conserve une valeur ajoutée dans plusieurs situations :

postes nécessitant des capacités rédactionnelles ou argumentatives,

fonctions managériales ou stratégiques,

recrutements liés à une mobilité interne ou externe atypique,

candidatures spontanées ou projets professionnels spécifiques.

Dans ces cas, la lettre permet d’apporter une lecture complémentaire au CV, en éclairant les motivations, la cohérence du parcours et l’adhésion au projet d’entreprise.

Le principal écueil : la lettre de motivation standardisée

Du point de vue RH, la problématique n’est pas l’existence de la lettre, mais la qualité des contenus reçus.
Les lettres génériques, peu personnalisées ou rédigées par automatisme (voire par IA sans relecture) apportent peu d’enseignements exploitables.

À l’inverse, une lettre concise, contextualisée et orientée métier peut devenir un véritable indicateur d’engagement et de compréhension du poste.

Vers une évolution des formats plutôt qu’une disparition

En 2026, la lettre de motivation ne se limite plus à un document formel en pièce jointe. Les pratiques RH intègrent de nouveaux formats :

messages de candidature personnalisés,

emails d’introduction structurés,

réponses argumentées dans les ATS,

vidéos de présentation pour certains métiers.

Ces formats répondent davantage aux attentes de fluidité et d’efficacité, tout en conservant l’objectif initial : comprendre les motivations du candidat.

Faut-il encore la demander dans un processus de recrutement ?

La question clé pour les professionnels RH n’est donc pas de savoir si la lettre est dépassée, mais si elle est pertinente au regard du poste et du volume de candidatures.

Bonnes pratiques :

la demander uniquement lorsqu’elle apporte une valeur d’analyse réelle,

préciser clairement les attentes (longueur, objectifs, questions à traiter),

accepter des formats alternatifs lorsque cela est cohérent avec le poste.

Conclusion

En 2026, la lettre de motivation n’est plus un standard universel du recrutement, mais un outil optionnel et ciblé. Utilisée à bon escient, elle peut enrichir l’évaluation d’une candidature. Imposée systématiquement, elle risque au contraire de freiner l’expérience candidat.

Pour les équipes RH, l’enjeu n’est donc pas de maintenir une tradition, mais d’adapter les pratiques aux usages actuels du marché de l’emploi.

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